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Un vendredi soir, lors d’un vague hiver, on s’invite dans l’expédition pour aller chercher le “mysterious” Mr Gasmask à la gare de Bordeaux. C’est le headliner de la soirée Do It Acid au BT 59 (Bègles), organisée par We are Rave.
Figure phare de l’acid tekno NL, ce passionné de la bassline qui nous arrive tout droit de Gand, en Belgique flamande, sera largement acclamé par un public enthousiaste – voire plus …. ! – assez jeune : cette nouvelle génération qui découvre la techno et l’underground par le biais des clubs, acteur actifs et bienvenus dans le revival de styles musicaux jusqu’alors limités – pour la France – aux free-parties.
Si ses productions sont largement diffusées sur internet, son nom devenu familier, la personnalité et l’origine de l’artiste demeurent une énigme pour la plupart. On s’improvise reporters et les questions préparées se faufilent en douceur dans une discussion de backstage plaisante entre Mr Gasmask et Drone, également invité à jouer à la soirée.

—Interview—

Dune records : Raconte-nous un peu comment et quand tu as commencé la musique.

Mr Gasmask : J’ai commencé il y a une vingtaine d’années, dans les années quatre-vingt-dix.
Mais je ne suis pas musicien à la base, je n’sais même pas lire une partition!
Au début j’ai essayé un peu de “bruits” (harsh techno), des trucs comme ça…
Je vais te raconter : je devais avoir 19 ans, je venais de me séparer avec ma copine. J’étais alors super déprimé et je me suis dit “Oh fuck it, je vais acheter un synthétiseur!”.
En fait c’est la misère qui m’a emmené à la musique : j’avais besoin de sortir mes émotions.
C’est un vrai problème, parce que maintenant, je suis trop heureux!
Et du coup c’est pas facile, on peut pas se forcer avec la musique.
Je n’ai plus la même force et les mêmes sources d’inspiration, il faut peut-être que je trouve un drame ou quelque-chose comme ça…!

D.R : Comment est-ce que tu t’organises entre vie privée, travail et création musicale?

Mr G. : C’est vraiment difficile… j’ai 36 euh, 37 ans et ça devient de plus en plus difficile.
Je travaille pour la mairie de Gand, je suis team-leader d’une vingtaine de personnes qui font tourner une sorte de call-center au service des citoyens de la ville. C’est beaucoup de mails, des coups de téléphone…

D.R : Justement, quelle place a la musique dans ta vie, dans cette vie?

Mr G. : Ah… c’est une grande question!
Avant je faisais de la musique en opposition à ma vie normale, pour réagir contre ma vie dans le système, des choses que je détestais. C’était très agressif, j’avais besoin de ça pour me libérer de toutes ces pressions.
Maintenant c’est plus pour me reposer. Parce que je suis devenu plus calme et … plus en paix avec moi-même.
Et c’est agréable.
Deux fois par semaine, quand je rentre chez moi, je vais dans le studio. Et c’est bien comme ça.
A part ça je vais tout le temps rendre visite à des amis ; je cuisine… j’adore faire la cuisine!

D.R : On t’a découvert alors qu’on était en tournée (Drone et Acidupdub) en Belgique et Hollande en 2011 – c’est Win qui nous avait parlé de toi – et ça a abouti à un disque [Dune 05] qui est sorti 2 ans après. Comment te positionnais-tu dans ta carrière musicale à ce moment-là?

Mr G. : A cette époque je produisais beaucoup. Sur mon label Binary Bassline et d’autres… C’était aussi l’époque Narcosis qui organisait les soirées XLive (soirées 100%Live, 100% Acid). C’était une période très active pour moi musicalement. Je jouais partout en Belgique et je commençais à avoir des dates dans toute l’Europe : la Croatie, Prague, la Pologne…

D.R : On voudrait savoir ce que tu réserves au Mr Gasmask V.2017… une évolution, de nouveaux projets?

Mr G. : Oui, en fait j’aimerais bien mélanger des styles musicaux différents dans mes compositions. Avec toujours l’Acid! Mais changer un peu, mélanger… on va voir.
J’ai envie d’explorer davantage le potentiel de la TB-303 aussi, me servir de la bassline mais différemment, la transformer, la faire évoluer,…

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